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Comment installer Docker sur Debian (versions 11, 12 et 13)

Alex Marchais


Installer Docker sur Debian 11, Debian 12Debian 13 change radicalement la manière de déployer des services, que ce soit pour un petit serveur en entreprise, un homelab ou une passerelle IoT au fond d’un atelier. L’idée est simple : encapsuler chaque application dans un container léger, isolé, que l’on démarre, arrête ou remplace en quelques commandes, sans casser l’OS hôte.

Encore faut-il que l’installation de Docker soit propre, reproductible et compréhensible, surtout quand on n’a ni équipe DevOps ni data center derrière soi.

Sur le terrain, beaucoup de structures locales fonctionnent avec une ou deux machines Debian bien entretenues, parfois un VPS, parfois un mini PC qui fait aussi office de serveur de fichiers ou de passerelle réseau. Dans ces contextes, la moindre erreur de configuration a des effets concrets : coupure de prise de commandes en ligne, supervision à l’arrêt, portail interne inaccessible.

Ce guide se concentre donc sur une approche pragmatique : partir d’un système Debian à jour, nettoyer les anciennes traces de Docker, ajouter le dépôt officiel, vérifier étape par étape que le moteur fonctionne, puis poser les bases d’un usage quotidien solide.

En bref

  • Base stable : Debian 11, 12 et 13 offrent un socle fiable pour Docker, adapté aux TPE/PME, aux homelabs et aux passerelles IoT.
  • Méthode recommandée : passer par le dépôt officiel Docker plutôt que par les paquets Debian standards ou les scripts automatiques.
  • Installation maîtrisée : suppression des anciennes versions, ajout de la clé GPG, dépôt dédié, paquets docker-ce, containerd, Buildx et Compose.
  • Vérifications clés : contrôle du service avec systemctl, test docker version et container de test hello-world.
  • Usage quotidien : quelques commandes Docker bien choisies suffisent pour gérer les containers sans se perdre dans la complexité.

Installation de Docker sur Debian 11, 12 et 13 depuis le dépôt officiel

Avant de lancer la moindre commande, autant planter le décor. Un petit atelier de fabrication près de Périgueux fait tourner sur une Debian 12 un ERP léger, un outil de suivi de production et quelques scripts maison.

L’objectif est de déplacer progressivement ces briques dans des containers pour gagner en souplesse, sans prendre le risque de tout casser. La première décision structurante consiste à choisir la méthode d’installation de Docker : dépôt officiel ou paquet Debian « prêt à l’emploi ».

Les paquets fournis par Debian ont un avantage évident en apparence : une simple commande apt install docker.io, et c’est plié. Sauf que ces versions peuvent être en retard, mélangées avec d’autres composants, parfois limitées pour certaines fonctionnalités récentes. Pour une machine qui doit tenir plusieurs années, mieux vaut s’appuyer sur le dépôt officiel Docker, qui fournit un Docker Engine cohérent, accompagné de containerd, de Buildx et du plugin Compose. C’est ce choix qui sera suivi ici.

Premier réflexe avant tout : nettoyer les anciennes installations. Sur une Debian 11 qui a servi de banc de test, on retrouve souvent des traces de docker.io, d’un vieux docker-compose binaire ou même de podman-docker. Lancer une commande de désinstallation groupée permet d’éliminer ces reliquats et d’éviter les conflits. L’idée est claire : repartir sur un socle net, sans mélange de versions. Cette première étape parait fastidieuse, mais elle évite nombre de bugs incompréhensibles quelques semaines plus tard.

Ensuite, il faut préparer le système pour accepter le dépôt Docker. Cela commence par une mise à jour classique des paquets Debian, afin de s’assurer que la base est saine. Sur une machine fraîchement installée, cette étape peut sembler superflue, pourtant elle corrige déjà des dépendances, synchronise les index et réduit les surprises au moment de l’installation de docker-ce. À ce stade, on installe aussi des outils indispensables comme curl et les certificats nécessaires au HTTPS, histoire de sécuriser le téléchargement des fichiers distants.

Une fois ces briques posées, vient le moment de créer un répertoire dédié aux clés de dépôts, typiquement /etc/apt/keyrings. Cette organisation a un avantage évident : toutes les clés se trouvent au même endroit, avec des droits clairement définis. La clé GPG de Docker, téléchargée puis stockée dans ce répertoire, permettra à apt de vérifier l’authenticité des paquets. Ce n’est pas un détail de puriste, c’est un garde-fou contre des paquets modifiés ou corrompus, surtout dans un contexte professionnel.

On peut alors ajouter le dépôt officiel Docker en s’appuyant sur les informations internes de Debian, comme le codename de la version (Bookworm pour Debian 12, Trixie pour Debian 13). Cette astuce évite de figer une version ; les scripts restent valides lors d’un passage de Debian 12 à Debian 13, ce qui compte pour les infrastructures un peu vivantes. Après un nouveau apt update, les paquets docker-ce, docker-ce-cli, containerd.io, docker-buildx-plugin et docker-compose-plugin deviennent accessibles.

L’installation en elle-même se résume alors à une commande apt install bien construite, mais son impact dépasse largement ces quelques mots. Sur un VPS qui héberge déjà un site vitrine et un outil de prise de rendez-vous, ce geste ouvre la voie à toute une série de services encapsulés dans des containers : proxy inversé, cache, monitoring, voire une base de données en test. La machine Debian reste la même, mais sa manière de faire tourner des applications change du tout au tout.

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Différences pratiques entre Debian 11, Debian 12 et Debian 13 pour Docker

Sur le plan fonctionnel, Docker se comporte de façon assez similaire sur Debian 11, Debian 12 et Debian 13. La vraie différence se joue en coulisses : version du noyau, bibliothèques système, durée de support. Debian 11 reste encore présente dans pas mal de petites structures qui n’ont pas eu le temps ou l’énergie de migrer. Docker y tourne correctement, mais certaines images récentes attendent des bibliothèques plus à jour, surtout autour de la cryptographie ou de certaines stacks web.

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Debian 12, plus répandue aujourd’hui, offre un meilleur équilibre. Les versions plus récentes des composants système améliorent la compatibilité avec la majorité des images Docker du marché, sans tomber dans la course permanente aux nouveautés. Pour une PME ou un homelab, cette version sert souvent de pivot, avec un cycle de vie suffisamment long pour amortir les efforts de migration. Debian 13, de son côté, apporte encore des versions plus hautes, intéressantes pour ceux qui consomment des images très modernes ou qui visent une durée de support plus longue.

Dans la pratique, la méthode d’installation reste quasiment identique sur ces trois versions, ce qui simplifie la vie des administrateurs. Un même tutoriel ou un même script d’installation peut couvrir l’ensemble, à condition de s’appuyer sur les variables système plutôt que de coder en dur les noms de versions. Pour un intégrateur qui gère un parc mêlant des serveurs Debian 11 historiques et des nouvelles machines Debian 13, cette homogénéité d’approche réduit le risque de se tromper de dépôt ou de clé.

Ce qu’il faut retenir, c’est que Docker ne choisit pas pour toi ta version de Debian. Le choix dépend de la politique de mise à jour, des contraintes applicatives et de la tolérance au changement. Par contre, une fois la base arrêtée, s’appuyer sur le dépôt officiel Docker et une procédure claire permet de garder un comportement cohérent d’une machine à l’autre, ce qui reste le plus important au quotidien.

Configuration post-installation de Docker sur Debian : service, groupe et test

Une fois Docker installé, la tentation est grande de se dire que le travail est terminé. En réalité, c’est maintenant que se joue la fiabilité de l’ensemble. Sur une Debian qui héberge déjà d’autres services, il faut vérifier que le moteur Docker démarre correctement, qu’il se relance au reboot, que les commandes docker répondent bien, et que les utilisateurs disposent des bons droits. Sans cette phase, on découvre souvent les problèmes le jour où tout doit redémarrer après une coupure électrique.

Le premier point à vérifier concerne le service lui-même. Docker s’appuie sur systemd, le système d’init de Debian, pour démarrer en tâche de fond. Une vérification rapide avec la commande adaptée permet de savoir si le service est actif, s’il a rencontré des erreurs ou s’il s’est arrêté brutalement. L’activation au démarrage automatique se fait ensuite en une seule commande, mais sa portée est réelle : ton container de base de données ou de supervision repartira automatiquement après un reboot, sans intervention manuelle.

Deuxième étage de la fusée, la version. La commande docker version donne à la fois les informations sur le client (la CLI) et sur le serveur (le démon). Sur une Debian où tout a été installé via le dépôt officiel, ces deux valeurs sont alignées. Si ce n’est pas le cas, c’est souvent le signe d’une ancienne installation encore présente, ou d’un client installé via un autre canal. Mieux vaut régler ce décalage tout de suite, plutôt que de se battre plus tard avec des comportements imprévisibles.

Vient ensuite la question des droits. Lancer systématiquement les commandes docker avec sudo fonctionne, mais ce n’est pas très confortable au quotidien, surtout pour des développeurs qui enchaînent les tests. Ajouter l’utilisateur principal au groupe docker permet d’exécuter docker sans préfixer chaque ligne par sudo. Sur une machine personnelle ou un homelab, ce compromis améliore grandement l’ergonomie. Sur un serveur partagé en revanche, ce groupe doit rester très restreint, car il donne un pouvoir réel sur le système.

Une fois ce cadre posé, un test simple sert de validation générale : le container de démonstration hello-world. Cette minuscule image télécharge un binaire qui s’exécute une fois et affiche un message de confirmation. Derrière cette apparente banalité, tout un pipeline est testé : résolution DNS, accès au registre public, téléchargement des couches d’image, création d’un réseau, exécution du process, affichage de la sortie. Si ce test échoue, le message d’erreur et les logs fournissent un point de départ clair pour le diagnostic.

Dans certaines entreprises, un proxy HTTP se met en travers du chemin. Les requêtes sortantes vers Internet sont filtrées, et Docker ne parvient pas à joindre les registres d’images. La solution passe alors par une configuration spécifique du service Docker, en ajoutant les variables d’environnement HTTP_PROXY, HTTPS_PROXY et NO_PROXY dans un fichier de configuration dédié à systemd. Une fois ces paramètres appliqués puis le service redémarré, Docker circule à travers le proxy sans que tu aies besoin de détourner le firewall ou de bricoler au niveau réseau.

Le dernier geste de cette phase post-installation consiste à vérifier le stockage. Docker utilise par défaut le répertoire /var/lib/docker pour stocker les images, les containers et les volumes anonymes. Sur une Debian qui partage son disque avec d’autres usages (base de données, fichiers métiers, sauvegardes), surveiller l’espace disponible sur /var évite de se retrouver avec un disque saturé sans comprendre pourquoi. Un rapide coup d’œil régulier avec df et du, ou un tableau de bord léger, suffit pour garder le contrôle.

Une installation de Docker n’est vraiment terminée que lorsque ces éléments tournent rond : service, version, droits, test réseau et stockage. Tout ce qui vient après repose sur cette base, que ce soit un simple container de monitoring ou un stack multi-services pour une boutique en ligne.

Commandes Docker essentielles sur Debian pour gérer les containers

Une Debian équipée de Docker et bien configurée, c’est un peu comme un atelier parfaitement rangé : tout le matériel est là, mais encore faut-il savoir s’en servir. Du point de vue de l’utilisateur, tout se joue dans quelques commandes clés. Les maîtriser vraiment fait la différence entre un serveur rapidement abandonné et une plateforme de containers qui vit longtemps, proprement.

Le premier réflexe consiste à voir ce qui tourne. docker ps liste les containers actifs, avec leur nom, l’image utilisée, la commande lancée et le port exposé. Ajouter l’option -a élargit le champ aux containers arrêtés, y compris ceux qui ont planté ou terminé leur exécution. Pour un administrateur qui prend en main une Debian qu’il n’a pas configurée lui-même, cette commande raconte déjà une bonne partie de l’histoire : quelles images sont utilisées, quels services existent encore, quels essais ont laissé des traces.

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Arrêter un container proprement se fait avec docker stop suivi du nom ou de l’identifiant. Ce simple geste envoie un signal d’arrêt que le processus peut intercepter pour fermer tranquillement ses connexions, enregistrer des fichiers ou terminer un traitement en cours. Si le container refuse de s’arrêter, docker kill force la main, mais couper brutalement un service reste une mesure exceptionnelle. Une fois le container inutilisé, docker rm permet de le supprimer. Sans cette habitude, les Debian utilisées comme bancs d’essai se remplissent vite de containers zombies.

Côté stockage, docker images présente la liste des images disponibles localement, avec leur taille et leur tag. Sur un homelab, voir apparaître plusieurs versions d’une même application (v1, v1.1, v2) fait partie du jeu, mais il faut régulièrement nettoyer ce qui n’est plus utilisé. docker rmi supprime une image, à condition qu’aucun container ne s’y réfère. Ignorer cette discipline conduit à une montée lente mais certaine de l’occupation disque, jusqu’au moment où /var se retrouve plein au mauvais moment.

Un usage plus avancé consiste à construire ses propres images. À partir d’un Dockerfile proprement écrit, une commande docker build -t mon-service:1.0 . fabrique une image locale, versionnée. Ce mécanisme s’avère précieux pour des structures qui exploitent des lignes de production ou des systèmes métiers spécifiques. On peut par exemple imaginer un petit outil de collecte de données industrielles, empaqueté dans une image Docker, puis déployé de façon identique sur plusieurs Debian situées dans différents ateliers.

Pour suivre la vie d’un container en temps réel, docker logs -f nom-conteneur reste l’un des outils les plus utiles. L’option -f permet d’observer le flux de logs au fil de l’eau, comme si l’on regardait un fichier en direct. Quand un service se comporte étrangement ou plante sans explication, ce sont souvent ces journaux qui donnent la clé : erreur de connexion à une base, fichier manquant, variable d’environnement mal renseignée. Sur une Debian sans stack de supervision sophistiquée, cette commande joue le rôle de stéthoscope.

Dans un contexte très concret, prenons une petite entreprise de menuiserie qui veut centraliser les données de ses machines connectées. Un container basé sur Eclipse Mosquitto, lancé avec une commande docker run bien paramétrée, transforme une Debian 12 en point central MQTT. Les techniciens peuvent ensuite brancher leurs capteurs, tester les flux avec un client, et observer les logs du container pour comprendre les déconnexions occasionnelles. Rien n’empêche ensuite d’ajouter, dans un second container, un outil visuel pour voir les courbes de production en quasi temps réel.

Pour structurer cet usage quotidien, une liste de commandes de base à garder sous le coude reste utile :

  • docker ps -a pour inspecter tous les containers, actifs ou non.
  • docker stop / docker rm pour stopper puis supprimer un container devenu inutile.
  • docker images et docker rmi pour gérer les images et maîtriser l’espace disque.
  • docker logs -f pour suivre le comportement d’un service en direct.
  • docker build pour créer des images personnalisées à partir d’un Dockerfile.

Avec ces quelques briques, une Debian équipée de Docker devient déjà un environnement puissant, sans qu’il soit nécessaire de plonger dans des notions plus complexes comme les réseaux personnalisés ou les drivers de volumes avancés. Ce socle fonctionnel prépare naturellement la suite, qu’il s’agisse de Compose ou de solutions d’orchestration plus costaudes.

Choisir la bonne méthode d’installation Docker sur Debian : comparaison et usages

Tout le monde ne part pas du même point. Certains administrateurs ont déjà automatisé l’installation de Docker sur leurs Debian via un script téléchargé en ligne, d’autres sont restés fidèles aux paquets fournis par la distribution. Pour clarifier le paysage, comparer les principales approches aide à prendre une décision adaptée à la réalité du terrain, sans se laisser guider uniquement par ce qui semble le plus rapide à première vue.

Imaginons une petite ESN locale qui gère pour ses clients des serveurs Debian hébergés chez différents fournisseurs. Sur certains, Docker a été installé via le script get.docker.sh, sur d’autres via les paquets du dépôt Debian. Au moment où il faut diagnostiquer un problème de container qui ne démarre plus après une mise à jour, cette diversité de méthodes complique tout. Les versions divergent, les fichiers de configuration ne se trouvent pas aux mêmes endroits, et les logs ne racontent pas la même histoire.

Pour sortir de cette situation, une ligne directrice claire s’impose bientôt : un seul mode d’installation pour toutes les machines durables, avec une préférence marquée pour le dépôt officiel Docker. Ce choix conserve la gestion via apt, laisse un contrôle réel sur les versions installées, et reste compatible avec les pratiques de sécurité attendues en entreprise. Les paquets Debian, eux, gardent un intérêt pour des tests rapides, des VM de démonstration ou des environnements peu sensibles à la version exacte du moteur.

Le script get.docker.sh, souvent mis en avant sur certains tutoriels, a un autre rôle. Il permet d’aller très vite, sur une machine de test ou une VM jetable. Mais il automatise aussi de nombreux choix, sans forcément documenter ce qui a été appliqué. Pour une passerelle IoT installée dans un site industriel, où le moindre changement logiciel doit être tracé, ce manque de transparence devient un vrai problème. Dans ces cas-là, les équipes finissent généralement par désinstaller tout ce que le script a mis en place pour repartir sur une installation maîtrisée via le dépôt.

Pour résumer ces options, un tableau permet de garder les idées claires.

Méthode d’installation Source des paquets Contrôle des versions Contexte recommandé
Dépôt officiel Docker download.docker.com Élevé, avec gestion fine via apt Serveurs Debian 11, 12, 13 en production ou homelab sérieux
Paquets Debian standards Dépôts officiels Debian Plus limité, versions parfois en retard Tests rapides, environnements peu critiques
Script get.docker.sh Script automatisé Docker Réduit, choix peu visibles Machines jetables, prototypage, pas de production

Dans la plupart des cas concrets suivis sur le terrain, les clients qui ont opté pour le dépôt officiel Docker finissent avec moins de surprises lors des mises à jour ou des audits de sécurité. Ceux qui ont accumulé des installations hétérogènes passent davantage de temps à recoller les morceaux. Ce n’est pas un hasard, c’est une conséquence directe du niveau de maîtrise sur la chaîne d’installation.

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La manière dont Docker est installé sur Debian influe aussi sur la façon de documenter l’infrastructure. Avec le dépôt officiel, quelques lignes suffisent pour décrire la procédure, que l’on peut intégrer à un wiki interne ou à des scripts d’auto-provisioning. Les techniciens qui arrivent ensuite dans l’équipe disposent d’un référentiel clair, au lieu d’un ensemble de commandes copiées-collées de forums variés. Cette cohérence rédactionnelle vaut souvent autant que la cohérence logicielle.

Choisir une méthode unique, assumée, pour toutes les Debian qui hébergent des containers, revient en fin de compte à se faciliter la vie à moyen terme. Le gain immédiat de temps offert par un script automatique ne compense pas la dette technique accumulée en arrière-plan.

Cas d’usage concrets de Docker sur Debian 11, 12 et 13 : IoT, homelab et environnements de test

Une fois Docker installé proprement sur Debian, les scénarios concrets se multiplient. Plutôt que de parler d’architecture abstraite, autant revenir à des cas vécus, proches du quotidien d’une TPE, d’un atelier industriel ou d’un passionné qui expérimente chez lui. Dans tous ces cas, la logique reste la même : utiliser des containers pour isoler des services, faciliter les mises à jour et garder une plateforme raisonnablement simple à maintenir.

Premier décor : une petite entreprise de transformation agroalimentaire, avec un atelier connecté et un bureau administratif. Sur une Debian 12 installée dans la salle serveurs, un broker MQTT gère les données des capteurs, une base de données enregistre les mesures et un tableau de bord web les affiche au responsable de production. Chaque brique tourne dans un container distinct. Lorsqu’une nouvelle version du tableau de bord sort, on met à jour l’image, on redémarre le container, et le reste continue de fonctionner sans heurt.

Deuxième décor : un homelab monté dans un garage ou un bureau à domicile. Une machine Debian 13, parfois un mini PC ou un vieux serveur recyclé, héberge un ensemble de services : serveur de fichiers, DNS local, monitoring de la maison connectée, outils domotiques. Docker sert ici de terrain d’expérimentation. On teste une nouvelle application dans un container, on joue avec des configurations, on casse, on reconstruit. Le système hôte reste relativement intact, ce qui évite de tout réinstaller à chaque mauvaise manipulation.

Troisième décor : un environnement de test pour une équipe de développement qui travaille sur un outil métier sur mesure. Les développeurs codent sur leurs postes, mais ont besoin d’une plateforme qui reproduise le plus fidèlement possible la production. Une Debian 11, conservée exprès pour rester proche des serveurs historiques, accueille les mêmes containers que ceux des sites clients. À chaque commit, une image Docker est reconstruite, testée, puis déployée sur cet environnement. Les différences de comportement entre test et production diminuent nettement.

Dans ces situations, une question revient souvent : faut-il aller plus loin et basculer vers des outils d’orchestration complets comme Kubernetes ou Rancher, ou rester sur Docker simple avec éventuellement Compose et un outil comme Portainer pour la visibilité ? Pour la majorité des structures locales, la seconde option couvre largement les besoins. Un fichier Compose bien écrit permet de décrire une stack complète (base de données, application, reverse proxy) et de la déployer d’un coup sur une Debian. Portainer offre une vue graphique pour ceux qui préfèrent les tableaux de bord.

Au-delà des choix techniques, ces cas d’usage montrent surtout une chose : Docker sur Debian devient un outil d’organisation. On ne pense plus en termes de « serveur qui héberge un gros bloc applicatif », mais en termes de petites unités que l’on peut déplacer, dupliquer, mettre à jour sans tout casser. Pour une entreprise locale qui ne dispose pas d’une armée d’ingénieurs système, c’est une vraie manière de reprendre la main sur son infrastructure numérique, tout en gardant les pieds sur terre.

Dans les formations et ateliers donnés à des équipes non spécialistes, ce sont souvent ces exemples concrets qui déclenchent le déclic. Quand un responsable de camping voit qu’il peut tester sur une Debian un nouveau moteur de réservation dans un container, sans toucher au reste de son site, la mécanique devient soudain beaucoup plus claire. Loin de la mode, Docker sur Debian s’impose alors comme un outil de travail, au service de problèmes très terrestres.

Faut-il préférer le dépôt Docker officiel aux paquets Debian pour installer Docker sur Debian 12 ou 13 ?

Pour une machine qui doit tenir dans la durée (serveur, homelab sérieux, passerelle IoT), le dépôt Docker officiel reste la meilleure option. Il permet de garder un contrôle fin sur les versions du moteur Docker, de containerd et des plugins, tout en restant intégré à apt. Les paquets Debian standards conviennent pour des tests rapides, mais ils peuvent être en décalage de version avec la documentation Docker et certaines images récentes.

La méthode d installation de Docker est-elle différente entre Debian 11, Debian 12 et Debian 13 ?

La procédure reste très proche sur les trois versions. Dans tous les cas, on commence par mettre le système à jour, ajouter la clé GPG Docker, déclarer le dépôt officiel, puis installer les paquets docker-ce et associés. La principale différence tient aux versions du noyau et des bibliothèques système disponibles côté Debian, pas aux commandes d installation Docker elles-mêmes.

Comment vérifier que Docker est correctement installé et fonctionne sur Debian ?

Une fois l installation terminée, il suffit de vérifier l état du service avec systemctl, de contrôler la sortie de docker version, puis de lancer docker run hello-world. Si ce container de test s exécute correctement et affiche le message prévu, c est que la chaîne complète fonctionne : dépôt, téléchargement d image, moteur Docker et réseau.

Est-ce risqué d ajouter un utilisateur au groupe docker sur un serveur Debian partagé ?

Ajouter un utilisateur au groupe docker lui donne des droits très proches de ceux de l administrateur, car il peut monter des volumes sensibles ou manipuler le réseau de l hôte. Sur une machine personnelle ou un homelab, ce choix reste confortable et cohérent. Sur un serveur partagé, il vaut mieux réserver ce groupe à un nombre restreint de comptes, ou continuer à utiliser sudo pour encadrer les actions sensibles.

Docker remplace-t-il complètement les machines virtuelles sur Debian ?

Docker ne remplace pas totalement la virtualisation classique. Les containers conviennent très bien pour isoler des applications et des microservices, avec un démarrage rapide et une consommation réduite. Les machines virtuelles gardent leur intérêt pour faire tourner des systèmes d exploitation différents, respecter certaines contraintes de sécurité ou isoler des environnements très spécifiques. Dans beaucoup d architectures, Debian héberge à la fois des VM et des containers, chacun pour un usage bien identifié.

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Alex Marchais
Alex Marchais est le fondateur de Net & Com Agency à Périgueux, où il accompagne au quotidien les TPE/PME et commerçants locaux dans leur stratégie web et leur communication digitale. Sur le blog de l’agence, il partage des conseils concrets, des retours d’expérience terrain et ses tests d’outils pour aider les entrepreneurs à transformer leur présence en ligne en vrais résultats business.

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